Un mois de travail et voilà mes 4 premiers panneaux-textes brodés. 

panneaux rock

 

 

 

 

Requiem pour D.D. 

Excusez-moi dit le musicien si je suis toujours au bord des larmes

Au bord de la ligne de coque,

Marin chaloupé au bord de la vague

Naufragé.

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

À fond de cale marin bourré

Le musicien dit : «  Et alors ? »

Si j’échoue, si je perds les rames je m’accrocherais à babord ou à tribord,

Corps à Corps avec le roulis de la lame. Tangage de la nuit.

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes dit le chanteur accroché au bord du verre glacé

Iceberg effondré au bord du lit au bord d’un Martini on the rock,

Excusez-moi si je suis toujours au bord d’un rail.

 

 Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

Comme le jour où j’ai senti des milliers d’aiguilles de diamant

Au creux de mon bras blanc

J’ai su que ma vie serait là… S’arrêterait là… Fin du voyage…

Ma peau veinée de marbre, mon corps en statue de héros déboulonnée par l’héroïne,

Ma peau veinée de marbre offerte à l’encre des tatoueurs,

Ma peau pendue aux crocs des dealers.

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

 

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

De héros en héroïne je suis tombé dans la débine

Je me suis relevé scarifié, couturé,

Peau encrée.

De la blanche je suis passé au noir.

Genoux pliés dans mes sabots je parcours des nuits de solitude,

Des kms de bitume désert,

Des aurores qui déchantent,

Des pluies de néon.

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

J’ai tellement envie de vivre encore un peu

D’écrire pour le rock and roll.

 

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

Si je suis au bord d’un rail, rock and road

Je suis à fond de cale au fond de la malle

On the road sans bagages.

Un carnet de poèmes, un harmonica, l’ombre de Kerouac ,

Une paire de vieilles santiags

Et si j’perds le nord je saurai toujours retrouver la route de mes chagrins

Saint Jack Daniel’s prie pour moi pauvre rockeur

 Il n’y a pas de Dieu pour les ivrognes

Je suis alcoolique et alors ?

J’irai prendre un dernier verre à la cité des anges

Excusez-moi si je suis toujours au bord des larmes

Saint Jack veille sur moi.

 

Liza Juillet Ao0t 2020