L’Artiste peintre Andreas KONTELLIS a peint le quartier d’Exarcheia  dans une série de tableaux intitulée « THE WALLS » qu’il expose jusqu’au 23 Novembre à l’Institut Français d’Athènes.

Andreas Kontellis expo The wall

Exarcheia est un des plus vieux quartiers d’Athènes, situé au cœur de la ville et de toutes les  résistances du pays. Exarcheia a concentré de toutes les luttes : 2e guerre mondiale, guerre civile, dictature des Colonels, et plus près de nous,  bastion de la contestation contre les politiques d’austérité.

Exarcheia est aussi mon quartier. Celui dans lequel j’ai atterri il y a plus de 30 ans, celui dans lequel j’habite. C’est à la fois le foyer des groupes anarchistes et des cultures alternatives,  mais aussi la convergence de toutes les solidarités et de toutes les cultures.  C’est pour cela que je l’aime.  Son marché coloré, sa place grouillant de monde la nuit, ses tavernes, ses cafés, le brassage  des populations : de l’artiste, au journaliste en passant par le clochard, le vagabond,le réfugié. Chacun y a sa place.Y compris l’étrangère que je suis. Exarcheia ce sont côte à côte, de belles librairies et des commerces de tabac clandestins, des bars branchés et des cafés associatifs, de beaux immeubles cossus et des squats délabrés, le tout sans exeption recouverts d'affiches, de slogans bombés à la peinture noire ou rouge, de magnifiques fresques murales ou de vilains graffitis. 

On retrouve tout ces contrastes dans la peinture de Andreas Kontellis : les couches de matières qui se superposent, les couleurs qui s’effacent jusqu’à ne devenir que des ombres. La douceur et la violence. Les clairs-obscurs.

Andreas Kontellis The Walls 3

 

Cependant on a l'impression  que l’artiste a voulu contenir la pensée libertaire en l’enfermant sur des châssis de trop petite taille.

Andreas Kontellis expo the Wall 2

Exarcheia méritait de gigantesques volumes, des supports non enchâssés, libres, du carton, du tissu, comme ces matériaux ramassés par les chiffonniers Africains qui hantent les rues.

En revanche,  avec son travail sur papier, Andreas Kontellis rend avec justesse l’atmosphère des rues en croquant au fusain quelques traits, quelques  ombres,  comme celles des clandestins qui peuplent les nuits de la Place Exarcheia, bien à l'abri des contrôles policiers. 

Andreas Kontallis fusain