Au Centre Culturel Onassis d’Athènes, en première mondiale jusqu’au 27 Février 2018

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XENOS solo de Akram KAHN

 

Cette œuvre chorégraphique est une commande de  « 14-18 NOW » - programme artistique du Royaume Uni pour le centenaire de la première guerre mondiale.

Akram Khan, pour ce travail, a puisé dans les archives et la mémoire d’un soldat colonial du 20e siècle parmi le million de soldats Indiens qui se sont battus au profit de la Couronne Britannique.

«  Ce n’est pas une guerre. C’est la fin du monde. C’est juste une guerre comme celle relatée par le Mahabharata ». » écrit ce soldat Indien.

Au début du spectacle, revêtu d’un costume traditionnel blanc, Akram Kahn, grelots aux pieds danse au milieu des  musiciens /chanteurs assis sur des coussins colorés. Musiciens /chanteurs qui étaient déjà là, à vue,  pendant que les spectateurs prenaient place, jouant  et dansant  au milieu du brouhaha du public. Tout cela ressemble fort à une cérémonie Indienne traditionnelle. Ce qui semble curieux c’est l’espace restreint accordée au danseur. Derrière lui se dresse ce que l'on croit être un gigantesque rideau, grâce aux éclairages en trompe-l’œil de Michael HULLS.

Akram Khan Musiciens

Puis la musique devient mitraille et les éléments du décor disparaissent lentement, comme engloutis. Le soi-disant rideau se transforme en pente raide  depuis  laquelle   des morceaux de  terre dévalent– noir et rouge sang – sous le feu des projecteurs. Les clochettes à la cheville du danseur vont se transformer en entraves. Sa tenue impeccable va se maculer de terre. Il va grimper de plus en plus difficilement la pente de plus en plus glissante. Il passera de la tranchée – en avant scène- à la crête de la colline [l’épreuve du feu], prenant au fur et à mesure de la chorégraphie davantage de risques pour finir à demi-nu, misérable homo sapiens rampant, couvert de boue.

Akram Kahn Xenos

Ce solo, remarquablement interprété par Akram Khan qui mêle le Kathak [l’une des 6 danses classiques indiennes] à la danse contemporaine occidentale a une résonance toute particulière avec l’actualité brûlante qui nous parvient quotidiennement de Syrie.

A la fin du spectacle une voix off martèle :

«  Je suis un soldat. J’ai tué. J’ai tué »

Quand le corps du danseur nous ramène à la triste histoire de l’Humanité depuis le Mahabbharata, jusqu’à Afrin et Damas, en passant par Verdun. …