Hier, au Pirée,embarcadère E1.

Cette petite fille assise par terre, près des provisions faites par sa maman. Boîtes de conserves bien alignées devant la tente qui lui sert de maison, paquets de sucre empilés dans une modeste panière. Sans doute, ces quelques marchandises glanées ça et là sont destinées à être revendues.

On pourrait dire que cette petite fille joue à la marchande ou bien qu'elle est la fille de l'épicière. On pourrait dire. Mais ici, ce n'est pas un village, juste un parking et il n'y a ni commerces, ni maisons.   

Alors, ce n'est pas la fille de l'épicière, seulement une petite réfugiée, fille de réfugiés qui a échoué là, assise sur le sol bitumé du port, face à la mer devenue sans horizon, devant d'énormes ferries à l'arrêt qui ne l'emmèneront nulle part.

Ils sont des milliers d'enfants comme elle, abandonnés entre soleil et mer devant les comptoirs d'embarquement.

L'accord du 20 Mars signé entre l'UE et la Turquie ne se soucie pas du sort des ces milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui sont bloqués là, et ailleurs, un peu partout en Grèce,pour une durée indéterminée, parce que les frontières sont fermées et qu'ils ne peuvent pas partir ailleurs pour tenter de se reconstruire.

Ceux qui signent des accords derrière de grands comptoirs marchandent,négocient, bradent, peu importe quoi, même des vies humaines.

Ce sont de grands épiciers et la petite fille du Pirée n'est qu'une enfant de réfugiés. 

petite fille aux conserves NB